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Junichi Inamoto, la déception
mardi 5 janvier 2010 - 09:44 - par
Duhault
Selon toute vraisemblance, Junichi Inamoto devrait quitter le Stade Rennais lors de ce mercato hivernal. L’adaptation du Japonais, venu dans le but de devenir un homme de base du onze de Frédéric Antonetti, a pris une mauvaise tournure. Avec la prochaine Coupe du Monde comme ligne d’horizon, son départ semble inéluctable.
Une arrivée inattendue
Personne ne s’attendait à voir débarquer Inamoto sur les bords de la Vilaine en juin dernier. Alors qu’une liste d’une dizaine de milieux de terrain était sortie dans la presse, Pierre Dréossi surprend son monde en officialisant la signature de l’international japonais en provenance de l’Eintracht Francfort pour les deux prochaines années.
À 30 ans, il ne venait pas en terrain inconnu au Stade Rennais puisqu’il avait déjà travaillé sous les ordres de Frédéric Antonetti au Gamba Osaka à la fin des années 90. Véritable icône au pays du soleil levant, Inamoto ne s’est jamais réellement adapté au football français malgré une forte expérience en Europe. En effet, depuis 2001, celui-ci écume le continent sans pour autant s’imposer dans les différents clubs où il passe. Comme si l’histoire se répétait inlassablement.
Victime de la concurrence
La concurrence est le principal facteur de la descente aux enfers d’Inamoto, qui venait pourtant avec beaucoup d’ambition à Rennes. Dans l’entre-jeu, le Nippon sera un des premiers à subir l’émergence de M’Vila, que pratiquement personne n’attendait à ce niveau, Antonetti compris. « Si je l’avais mieux connu, on aurait recruté un milieu en moins », déclarait-il ainsi à propos de M’Vila dans le quotidien Ouest-France du 30 octobre dernier.
La phrase de l’entraîneur stadiste est cinglante, et pointait évidemment le recrutement du japonais. Certes, Tettey a connu les mêmes symptômes du fait de son arrivée tardive, mais il monte progressivement en puissance depuis quelques matchs. Au contraire d’Inamoto qui a vraiment manqué de régularité pour pouvoir bousculer la hiérarchie, même s’il a laissé entrevoir toutes ses qualités lors de sa première période à Grenoble (0-4, 6e journée) ou lors de son entrée en jeu contre Saint-Étienne (1-0, 5e journée). Contre les Foréziens, il avait dynamité à lui seul le milieu de terrain rennais en apportant sa qualité de passe ainsi que son aisance technique dans les petits espaces.
Tout le contraire de sa prestation contre Valenciennes (0-3, 12e journée). Placé dans une position plus avancée, afin de compenser l’indisponibilité de Leroy, il n’avait aucunement pesé dans les débats en se montrant peu disponible dans l’entre-jeu rennais. Sorti par Antonetti avant l’heure de jeu, il n’est plus apparu depuis sous le maillot du Stade Rennais. Dorénavant, il est indéniable que le technicien corse voue une confiance limitée à son milieu de terrain.
Une erreur de casting ?
Difficile de répondre de manière positive à cette question puisque le joueur n’a coûté aucune indemnité de transfert au club. Maintenant, il est évident qu’on peut se poser des questions quant au choix de la venue d’Inamoto. Choix sportif ou marketing ? Outre la carte de visite du joueur, l’objectif des dirigeants bretons étaient aussi d’internationaliser la marque du club, notamment au Japon où la population est assez friande de ses stars exilées et des divers produits dérivés. De plus, la colonie asiatique était souvent présente aux abords du Stade de la Route de Lorient les soirs de matchs, ainsi que la presse japonaise qui accréditait souvent des journalistes pour suivre l’évolution d’Inamoto.
Pourtant, force est de constater que l’aventure rennaise de l’ancien joueur d’Arsenal devrait prendre fin à l’aube de la seconde partie du championnat. Il y a quelques semaines, le joueur avait avoué son mal être tout en gardant une certaine lucidité sur sa compétitivité : « Ma situation est difficile. Mais je garde le moral, je réagis positivement. Je m’entraîne dur et j’essaie d’être performant dans un groupe de haut niveau, tout en attendant chaque semaine d’être convoqué. Pour le moment, je ne joue pas. Mais je ne désespère pas ». Des propos qui faisaient suite aux déclarations sur France Bleu Armorique quelques jours auparavant de Pierre Dréossi, le manager général du club, qui avait octroyé un bon sortie à Inamoto.
Un retour aux sources ?
Il serait impensable de voir le milieu de terrain japonais rester à Rennes. Venu en Bretagne pour se relancer et ainsi jouer un rôle lors de la prochaine Coupe du Monde qu’il disputera avec sa sélection en juin prochain, il ne peut se permettre d’être à court de compétition. Il y a quelques mois, une rumeur faisait déjà état d’un intérêt de Grenoble pour l’international nippon. Ces derniers jours, deux clubs japonais auraient sondé les dirigeants stadistes pour obtenir les services d’Inamoto : Kawasaki Frontale et Omiya Ardija.
En tout cas, le joueur ne serait pas contre un retour dans son pays d’origine, comme il l’avait signifié à Ouest-France le 9 décembre dernier : « C’est une possibilité, oui, si un club fait appel à moi ». Quelle que soit sa destination, son séjour sur les bords de la Vilaine aura tourné court et son passage ne laissera pas une trace indélébile.
La fiche de Junichi Inamoto
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