Anciens Rennais : Gourcuff rapporte toujours à Rennes

Publié le 25 août 2010 à 23h55 par Duhault

C'est le transfert de l'intersaison en Ligue 1 : Yoann Gourcuff porte désormais le maillot de l'Olympique Lyonnais pour les cinq prochaines saisons. Club formateur de l'international français, le Stade Rennais touchera bien évidemment une part du montant du transfert. Etat des lieux et retour sur le parcours du meneur de jeu.

Bordeaux est depuis ce mercredi orphelin de Yoann Gourcuff, qui a rejoint pour une somme de 22 millions d’euros les rangs de l’Olympique Lyonnais jusqu’en juin 2015. Formé au Stade Rennais, il connaît donc son troisième club de l’hexagone avec entre-temps une escale au Milan AC.

Gourcuff, naissance d’une pépite

Qu’il est loin le temps où le petit Yoann suivait son père, afin d’en profiter pour s’entraîner avec l’équipe professionnel de Lorient au milieu des années 90. Ces derniers peuvent se targuer aujourd’hui d’avoir vu naître une graine de star, un talent à l’état pur qui est actuellement une valeur sûre du Championnat de France.

En 1999, le Breton d’origine rejoint le centre de formation de Ploufragan où il ne restera que deux ans. En juin 2001, Gourcuff fils intègre le centre de formation du Stade Rennais, tandis que Gourcuff père prend les rênes de l’équipe première en signant un contrat longue durée (cinq ans). De suite, le gamin de Ploemeur surprend par sa faculté technique et sa vision du jeu.

Deux ans plus tard, il remporte aux côtés des Grégory Bourillon, Jimmy Briand, Jacques Faty et autres Stéphane N’Guéma la Coupe Gambardella au Stade de France face à Strasbourg (4-1). Issu de la génération 1986, Gourcuff est déjà surclassé à l’époque puisque l’ensemble de cette promotion est née en 1984 ou 1985. Il lui en faudra plus pour l’impressionner.

Décisif, c’est lui qui ouvre le score d’un coup-franc - légèrement contré - aux vingt mètres avant que Briand et N’Guéma ne prennent le relai par la suite pour remporter un trophée que le Stade Rennais n’avait plus raflé depuis 1973. Comme un signe du destin, son père Christian faisait partie de cette aventure avec, notamment, Jean-Luc Arribart et Pierrick Hiard.

Intelligent, mature et ayant un temps d’avance sur les autres, Gourcuff signe son premier contrat professionnel à l’âge de 17 ans. Chose rare dans le parcours d’un jeune footballeur, puisque ceux-ci passent d’abord par un contrat stagiaire de deux ans avant de parapher le fameux sésame. Le Stade Rennais préfère prendre ses précautions à l’égard d’un joueur courtisé à l’époque par de nombreuses formations étrangères pour ne pas revivre le syndrome Ousmane Dabo-Mickaël Silvestre.

Je t’aime moi non plus

En janvier 2004, Lazslo Bölöni le lance dans le grand bain lors d’un tour de Coupe de France à Croix-de-Savoie (0-2). Quinze jours plus tard, il fera ses grands débuts en Ligue 1 contre Auxerre (0-2) en remplaçant Cédric Barbosa dans le dernier quart d’heure de la rencontre.

Deux mois plus tard, il apprend de la bouche de son entraîneur qu’il sera titulaire face à Bordeaux. Ni une, ni deux, il prévient son père qui fera le maigre trajet Lorient-Rennes pour voir la première titularisation de son fiston au stade de la Route de Lorient. Dans une position de milieu relayeur, Gourcuff se distiguera dans l’entre-jeu breton par son activité et est tout près de débloquer son compteur but, sur une tentative qui trouvera la transversale d’Ulrich Ramé.

Sous la coupe de « Coach Bölöni », Gourcuff patientera gentiment avant de devenir un cadre de l’équipe première. Après deux saisons dans la peau d’un joueur de complément, il change définitivement de statut au cours de la saison 2005-2006. Tout juste auréolé d’un titre de Champion d’Europe des -19 ans avec l’équipe de France, il forme un trident de choc à son retour avec Etienne Didot et Kim Källström.

A Monaco (0-2), il sera l’un des artisans du limogeage de Didier Deschamps du club de la Principauté en marquant notamment le deuxième but - son premier en professionnel - de sa formation d’une frappe imparable sous la barre. Plus influent, Gourcuff prend du poids dans l’organisation de son équipe par sa prépondérance à faire le liant entre le milieu de terrain et l’attaque rennaise. Auteur d’un but magnifique face à Toulouse (4-1), il réalisera une deuxième partie de saison de haute volée avec des prestations de grande classe.

Grand espoir du football français, il est révélé aux yeux de tous lors d’un déplacement des « Rouge et Noir » à Lyon. Ce soir-là, Rennes accomplit une des plus belles partitions de cette dernière décennie avec un succès 4 à 1. Positionné à un poste de milieu droit, Gourcuff martyrise Eric Abidal et ponctue sa soirée d’un but et d’une passe décisive. Tous les grands clubs ambitieux, avares de titres comme... Lyon reviennent à la charge pour le jeune milieu rennais.

Lors de cette saison, toute la ville est en effervescence avec la série de huit victoires consécutives entre février et avril (record du club). Manquant d’expérience et de maîtrise, Rennes flanche dans les moments clés alors que tout semblait lui tendre les bras et termine quatrième. Côté coulisses, la direction stadiste devra faire face au refus de Gourcuff de prolonger l’aventure sur les bords de la Vilaine pour des raisons plus personnelles que professionnelles.

Doué, mais rancunier...

Un an après son arrivée à Rennes, Yoann est marqué au fer rouge par le traitement infligé à son père, qui entraîne alors le Stade Rennais. Critiqué, Christian Gourcuff ne restera qu’une année en Ille-et-Vilaine. Longtemps, le môme du Morbihan réfléchira sur son avenir mais son père le dissuadera de rester au centre de formation du club.

A la fin de la saison 2005-2006, et à un an de la fin de son contrat, le jeune espoir est en position de force et devant un choix : continuer à Rennes, ou s’en aller. Un nouveau contrat l’attend bien évidemment sur le bureau de Pierre Dréossi, mais Gourcuff est rattrapé par les souvenirs impérissables de l’éviction de son père. Dans l’obligation de le vendre, sous peine de le voir partir libre l’année suivante, les dirigeants stadistes lui accordent un bon de sortie à 5 millions d’euros.

Fan du Milan AC, il y signe avec l’étiquette d’un célèbre numéro dix, champion du monde et ayant la même nationalité que lui. Ses débuts sont prometteurs, mais la concurrence est rude avec Massimo Ambrosini, Genaro Gattuso, Kaka ou encore Andréa Pirlo. Barré, Gourcuff étoffera son palmarès d’une Champions League en 2007. Voulant accumuler du temps de jeu, il décide cependant de retourner en France pour se relancer.

A Bordeaux, c’est une régénération qui attend Gourcuff, mais aussi des responsabilités à la hauteur de ses qualités intrinsèques. Au cours de cette première saison, tout réussit à la belle gueule du football français et il est même élu « meilleur joueur de la saison 2008-2009 » par ses pairs. Champion de France en 2009, celui que l’on considère comme le gendre idéal fera une deuxième année poussive malgré un nouveau statut d’international sous les ordres de Laurent Blanc.

Un transfert express

Au sortir d’une Coupe du Monde ponctuée par l’épisode du bus de Knyssa et une expulsion face à l’Afrique du Sud, Gourcuff souhaite changer d’air et rejoindre un club capable de lui faire franchir un palier, notamment sur le plan européen. Seulement voilà, au vue de la conjoncture du marché des transferts, les offres n’affluent pas, étant donné le prix fixé par sa direction : 26 millions d’euros.

Désireux d’attirer un joueur qu’il convoite depuis de longues années et de faire face à certaines déficiences dans son effectif, l’Olympique Lyonnais sonde les Girondins de Bordeaux sur un possible départ de son meneur de jeu. Cette semaine, un accord intervient entre les deux directions pour une indemnité de transfert estimée à 22 millions d’euros avec divers bonus à la clé.

Sur cette affaire, le Stade Rennais n’en ressort pas bredouille puisque les « Rouge et Noir » pourront s’appuyer sur un article FIFA qui stipule
qu’"une contribution de solidarité doit être versée au(x) club(s) ayant pris part à la formation du joueur et à l’éducation du joueur". Gourcuff étant arrivé à l’âge de 15 ans et ayant pris ses quartiers à 19 ans, Rennes touchera l’équivalent de 0,5 % du montant du transfert pour les saisons de ses seizième, dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième anniversaires, plus 0,25 % pour l’année de son quinzième anniversaire. Le Stade Rennais pourra donc prétendre à 2,25 % des 22 millions d’euros de son transfert entre Bordeaux et Lyon, soit 495 000 euros. Toutefois, aucune information n’indique si les 4,5 millions de bonus rentrent en ligne de compte pour les clubs formateurs.

A 24 ans, Gourcuff pose ainsi ses bagages dans une formation qu’il considère comme "un cadeau de noël", et qui espère redorer son blason sur le plan national avant de confirmer ses résultats de la saison dernière en Ligue des Champions. Cela tombe bien, c’est ce que l’ancien milieu de terrain rennais est venu chercher.

Vos réactions (11 commentaires)

  • Jordiaz

    26 août 2010 à 02h03

    Encore une très belle bio.

    Si j’ai bien tout compris, Rennes touche environ 450 000 € pour le transfert de Gourcuff entre Bordeaux et Lyon ?

    Et cette clause dure pendant toute l’activité du joueur ?

  • Duhault

    26 août 2010 à 09h13

    Le Stade Rennais touchera 495 000 euros ! Et, Rennes touchera le même pourcentage (2,25 %) pour chaque transfert du joueur au cours de sa carrière.

  • Yoyo

    26 août 2010 à 09h26

    Salut duhault,

    le centre de Ploufragan c’est plus un centre de préformation que de formation. Enfin c’est du détail super pointilleux. ^^

  • fada 29

    26 août 2010 à 09h54

    Bonjour.L’argent beaucoup d’argent,il n’y aplus que ça dans le sport de haut niveau(et de la dope aussi).Des joueurs avec avec des performances en dents de scie,bon,très bon une saison et après beaucoup moins bon (avant les bons joueurs étaient bons toute leur carrière,Marcel LONCLE par exemple).Par quoi sont ils préocupés ?c’est peut-être par les gros contrats !ceci dit les joueurs formés à RENNES ont beaucoup de valeur et très convoités,malheureusement certains oublient par ou ils sont passés.

  • Alfred Deville

    26 août 2010 à 11h55

    En 2005-2006, on finit 7ème !

    C’est l’année suivante qu’on finit 3èmes (ou 4èmes selon les sources), alors même qu’on a préféré laisser partir Gourcuff pour une bouchée de pain.

  • Decroux

    29 août 2010 à 22h14

    alors là je suis bluffée d apprendre une chose k j ignorais le club formateur donc là centre de formation stade rennais dans le cas de gourcuf et tous les clubs ou il a joué se sont sucrés les fraises au passage donc c est vrai pour tous les centres de formations OM Auxerre etc encore des sous toujours des sous
    sandrin

  • Decroux

    29 août 2010 à 22h44

    yoann Gourcuf fera je suis certaine une bonne intégration à .O L il va y retrouver une sctruture et un groupe j espère qu il oubliera vite ce mondial car Lui comme les Autres étaient tous vidés écoeurés pshycologiquement ...

  • LOUISON

    30 août 2010 à 15h56

    l’indemnité de solidarité de l’UEFA n’est due que dans le cas du premier transfert international du joueur.

  • oliv35

    31 août 2010 à 03h38

    ...pas d’indemenites...seulement en cas de transfert a l’étranger...et m...

  • 17 février 2011 à 12h20

    reviendra t-il un jour ?

  • Louis G

    17 février 2011 à 17h01

    Yoan Gourcuff semble avoir du mal à s’intégrer à Lyon...Cl. Puel ce n’est pas Laurent Blanc !...cependant je ne le vois pas revenir au Stade Rennais , il ira plutôt rejoindre Wenger à Arsenal et je pense qu’il deviendra alors un grand joueur français comme la plupart de ceux qui sont passés dans ce Club !...

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