Cyril Yapi, l’espoir déchu

Publié le 1er juillet 2012 à 12h47 par Rodighiero

Un œil dans le rétro. Profitant de la trêve estivale, Stade Rennais Online vous propose de revisiter le parcours d’un ancien joueur du Stade rennais. En l’occurrence celui de l'ancien espoir Cyril Yapi.

Un talent manifeste

Originaire de Caudan dans le Morbihan, Cyril Yapi intègre le centre de formation stadiste en juillet 1993, après avoir passé une seule saison au FC Lorient. Trois années plus tard, lors de l’exercice 1996-1997, il se distingue déjà au sein de l’équipe des moins de 17 ans nationaux, alors entraînée par Landry Chauvin. Il fait d’ailleurs partie de la talentueuse génération des Cédric Pelé, Éli Kroupi, Jérôme Lebouc ou Makhtar N’Diaye notamment. Buteur contre le Stade briochin (6-1) en championnat, il dispute également la Coupe Gambardella pour la première fois, et y affole déjà les défenses adverses. Rapidement surclassé, il incorpore l’année suivante l’équipe de CFA lors d’un déplacement à Plabennec (0-0), aux côtés de Corneliu Papură, Anthony Réveillère et Fabrice Fernandes.
En parallèle, il évolue toujours avec les moins de 17 ans nationaux, et se distingue d’ailleurs en tant qu’unique buteur d’une rencontre au sommet, disputée entre Rennes et Nantes (1-0). Capitaine de l’équipe stadiste et international chevronné de cette même catégorie, il a déjà toutes les qualités requises pour devenir un futur très bon joueur. Double buteur face à Guingamp (3-1) en championnat des moins de 17 ans quelques semaines plus tard, il se retrouve encore à l’honneur en compagnie de son coéquipier Karim Mahi. Mais Cyril Yapi commence réellement à se faire une place au soleil, au cours de l’exercice 1998-1999. En effet, il marque les esprits lors d’une rencontre face à Évry (0-1) qu’il dispute avec l’équipe réserve, et où il remplace brillamment Benoît Le Bris. Le talent n’attendant pas le nombre des années, le milieu de terrain morbihannais trouve le chemin des filets la semaine suivante contre l’équipe bis du Havre (1-1). Dans le même temps, il est régulièrement sélectionné en équipe de France juniors A1 (moins de 18 ans) au côté de son compère rennais Jean-Yves Anis, mais également de Sébastien Frey, Steed Malbranque, Florent Malouda et Mathieu Berson notamment. Il est d’ailleurs l’auteur d’une performance de haute volée, lors d’une rencontre disputée face à l’Écosse (1-0), le 16 septembre 1998 à Bayeux.

Le grand jour intervient finalement pour le jeune milieu de terrain des « Rouge et Noir », lors d’un déplacement perdu au Havre (2-0). Ce soir-là, il remplace Laurent Huard à la 63ème minute de jeu, et découvre le rythme effréné de la D1 par la même occasion. Il joue ensuite la semaine suivante à Strasbourg durant dix minutes, avant de débuter pour la première fois une rencontre face à Laval, comptant pour les 16èmes de finale de la Coupe de la Ligue. Il raconte sa première titularisation à l’issue du match : « Cela a été difficile. Nos adversaires ont été entreprenants. Personnellement, j’ai essayé de jouer simple. Ce ne fut pas aisé. Je crois que je ne m’en suis pas mal sorti » avoue le précoce joueur rennais qui, malgré sa jeunesse, apparaît plutôt humble, y compris dans son jeu. Quelques instants auparavant, il a levé les bras au ciel lors de l’unique but de la rencontre inscrit par Cédric Bardon. Le temps de se diriger vers les nombreux supporters rennais présents pour l’occasion au stade Francis-Le Basser. Doté d’une technique irréprochable, le jeune esthète breton a frappé un grand coup en Mayenne. Auteur d’une très bonne prestation, sa vitesse et son ingéniosité ne sont pas passées inaperçues.

Rude concurrence

Dans la foulée, Paul Le Guen n’hésite pas à le titulariser en championnat contre le leader marseillais, le 16 janvier 1999. Pur produit du centre de formation stadiste, il est à n’en pas douter, le plus beau des fleurons de l’époque. L’arrivée au top de Cyril Yapi n’est pas le fruit du hasard. Prometteur dans toutes les catégories de jeunes par lesquelles il est passé, il s’est affirmé au fil des matches jusqu’à toucher le Graal en ce début d’année 1999. Malgré le partage des points concédé face à l’Olympique de Marseille (1-1), le jeune milieu de terrain offensif s’est montré à son avantage. Ceci dit, il est sans doute encore un peu trop tendre pour le haut niveau. Mais il est clairement sur la bonne voie. En dépit des conditions difficiles, et malgré une opposition phocéenne de premier choix, Yapi n’a pas raté ses débuts au stade de la route de Lorient. Les 19.242 spectateurs présents ne se sont d’ailleurs pas trompés, puisqu’ils ont salué chaleureusement sa sortie à la 72ème minute de jeu, moment où il a cédé sa place à l’infatigable Yoann Bigné.
Élément de pointe du milieu rennais, il a également su s’attacher aux travaux défensifs, quand cela s’avérait utile. Aligné dans le onze de départ contre le club olympien, il a appris la bonne nouvelle quelques heures avant le choc : « Paul Le Guen m’avait fait comprendre pendant la semaine que je pourrais débuter. Mais je ne l’ai su comme tout le monde que le jour du match. Ça m’a bien sûr fait plaisir ». Une première fois face à une pléiade de virtuoses du ballon rond dont il se souviendra pendant longtemps : « L’OM, c’est toujours impressionnant, avec ses stars, ses champions du monde », rajoute-t-il. Âgé de 18 ans, le gamin du Morbihan a cependant montré quelques signes évidents de frilosité, et cela s’est notamment ressenti en début de match : « J’ai eu du mal à entrer vraiment dans le match. Il y a eu dix minutes difficiles. Mais ensuite, ça allait. Je pense avoir fait un match correct. En tout cas pas catastrophique ! ». Il est apparu ensuite plus à l’aise dans l’entrejeu, s’appliquant au maximum pour distiller de bons ballons aux attaquants bretons.
Même s’il est conscient que la concurrence sera rude, il n’a pas l’intention de traîner en route : « Une fois dans le match, on joue, sans faire attention à l’adversaire. L’important, c’est de tout faire pour qu’il ne passe pas ». Pas avare des efforts défensifs, il s’est consacré à sa tâche avec application et rigueur : « Normalement, je devais jouer à droite. Mais les montées de Blondeau nous gênaient sur la gauche. J’ai changé de côté pour l’empêcher de monter » afin de prêter main forte à Anthony Réveillère, lors de ses nombreuses montées. Cyril Yapi a de ce fait beaucoup couru. Mais le jeune milieu de terrain veut surtout continuer à apprendre son métier. Il est bien conscient qu’il doit poursuivre ses efforts à l’entraînement, en gardant la tête sur les épaules. C’est la condition sine qua none d’une hypothétique réussite au plus haut niveau.

En tout cas, l’entraineur breton de Pencran dispose dorénavant d’une nouvelle carte dans l’entrejeu, et ce, pour son plus grand bonheur. Le jeune morbihannais a déjà gravi beaucoup d’échelons depuis son arrivée dans la capitale bretonne en 1993, mais il sait aussi qu’il doit rapidement confirmer s’il veut s’inscrire dans la durée. Quelques semaines plus tard, il marque son premier but professionnel face à Coulaines (CFA2), lors d’une nette victoire rennaise (4-0) pour le compte des 32èmes de finale de la Coupe de France. Puis il récidive contre Troyes lors des 8èmes de finale de la Coupe de la Ligue. Pas encore devenu titulaire indiscutable du SRFC, il rejoue parfois en CFA, et marque d’ailleurs un but contre Le Havre lors d’une défaite de la réserve (1-4). Pour sa première demi-saison, Cyril Yapi a disputé douze matches dont huit en championnat avec l’équipe fanion du Stade rennais.

Stade rennais, saison 1999-2000

Une fin de carrière dans l’anonymat

En guise de prélude de l’exercice 1999-2000, le Stade rennais démarre par une nouvelle aventure en Coupe Intertoto. Après avoir dominé l’Austria Lustenau au quatrième tour, le club breton est ensuite opposé à une autre équipe autrichienne, l’Austria de Vienne. Rentré en lieu et place d’El-Hadji Diouf, c’est Cyril Yapi qui libère les siens lors de la première manche. Une montée rageuse, suivie d’une frappe sèche aux vingt mètres, et le tour est joué (2-0). Au cours du match retour en Autriche, il est aligné dans le onze de départ de Paul Le Guen. Le SRFC en profite pour ramener un match nul de son déplacement (2-2), et obtient sa qualification pour le tour suivant. Malheureusement, il ne dispute qu’un petit quart d’heure lors du match retour de la finale de cette compétition estivale, contre la légendaire Juventus de Turin de l’incroyable Zinedine Zidane (2-2).

Plus tard et alors qu’il est pour la première fois titulaire en championnat lors d’une sévère déroute à Nantes (3-0), c’est surtout la première apparition de Julien Escudé en D1 et la seconde de Jean-Félix Dorothée (International moins de 18 ans) qui marquent les esprits. Victime également de l’avènement d’un certain Makhtar N’Diaye dans l’entrejeu stadiste, Cyril Yapi ne joue pas beaucoup en équipe première et effectue la majorité de ses piges en CFA. Avec l’équipe réserve, il marque néanmoins quelques buts contre Segré, Pontivy et Cherbourg. N’ayant disputé que onze matches seulement dont trois en tant que titulaire, le Stade rennais tente alors le pari de le relancer, en le prêtant en D2 à Laval.
Au côté de Laurent Viaud notamment (ancien joueur du SRFC, lors de la saison 1997-1998), il se distingue en tant que buteur dès la quatrième journée de championnat, lors d’une victoire mayennaise face à Caen (2-1). Pendant ce temps, à Rennes, c’est un autre milieu de terrain morbihannais qui crève l’écran pour ses débuts parmi l’élite, en l’occurrence Gaël Danic. Cependant revigoré par l’air mayennais, son bilan est plutôt satisfaisant, puisqu’il aura disputé vingt-sept matches et trouvé le chemin des filets à quatre reprises. Mais sous l’égide de Christian Gourcuff, il ne réussit pas non plus à s’imposer pour son retour en Bretagne, au cours de l’exercice 2001-2002.

L’année suivante, il est parfois repositionné en tant qu’arrière latéral par Philippe Bergeroo. Mais Cyril Yapi peine clairement lorsqu’il s’agit de s’exprimer loin de la surface de réparation adverse. Il décide alors de tenter sa chance en seconde division italienne, en s’engageant avec l’équipe de Côme. Sans grand succès.

Sa carrière en bref

1992-1993 : FC Lorient
1993-2003 : Stade rennais FC
2000-2001 : Stade lavallois (prêt)
2003-2004 : Côme Calcio (Italie)
Avenir Saint-Servant-sur-Oust (depuis février 2013)

Sources :
- Wikipedia
- Archives Ouest France

Source photos :
srfc.frenchwill.fr

Vos réactions (6 commentaires)

  • Bibi peau de chien

    1er juillet 2012 à 19h34

    Belle Génération de gamins : Yapi , Fernandès , Diouf , etc . . . etc . . .
    Mais alors quel Gâchis par la suite ! ! !

  • XxXTheFoxXxX

    1er juillet 2012 à 19h45

    triste fin pour un joueur qui aurait pus réussir une grand carrière, mais qui encore une fois, a manqué d’intelligence, et n’a peut être pas fréquenté les bonnes personnes......
    Merci SRO de nous rafraichir la mémoire, et de nous redonné son parcours....

  • likas

    1er juillet 2012 à 22h06

    Courage Cyril ........plus que 10 ans à tirer !!! ^^

  • 1er juillet 2012 à 22h15

    il est au centre de détention de chateaudun, mec sympa a part avec son ex femme

  • mururoa

    3 juillet 2012 à 07h16

    Très bon article qui nous plonge dans le passé de notre vieux Stade et qui a surtout le mérite de nous interroger sur la formation humaine de jeunes gens souvent sans repères. Rappeler dans ces commentaires les cas de Fernandès et El Hadji Diouf est judicieux. Treize ans plus tard, le foot français rencontre toujours les mêmes difficultés. D’où le rôle essentiel des éducateurs qu’il convient de choisir avec discernement.

  • gerald

    21 mai 2013 à 23h57

    IL est sorti de prison, le site off le mentionnait il y a quelques jours comme ayant participé aux tournois des entreprises du srfc avec pagis et d’autres anciens rennais...

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