Épisode 1 : Dréossi prend les rênes

Publié le 1er juillet 2007 à 19h23 par Sylvain

En attendant le début officiel de la saison 2007-2008, Stade Rennais Online vous propose de jeter un regard rétrospectif sur la saison écoulée, qui a vu le Stade Rennais se qualifier pour la deuxième fois de son histoire en Coupe de l'UEFA. Chaque dimanche de juillet, retour sur un fait marquant de l'année passée. Aujourd'hui, retour sur une révolution de palais : Pierre Dréossi succède à Laszlo Bölöni à la tête de l'équipe première.

Que celui qui n’a jamais douté des capacités de Dréossi à entraîner le Stade Rennais me jette la première pierre.

La nomination du nordiste dans un costume - inédit en France - de "manager à l’anglaise", responsable du recrutement comme du secteur sportif, avait de quoi laisser perplexe. Trop large pensait-on pour celui qui n’avait assumé les fonctions d’entraîneur qu’à l’AS Cannes de 1994 à 1996.

Le 8 juin pourtant, la nouvelle tombait, mettant fin à un long feuilleton. Laszlo Bölöni parti à Monaco, les rumeurs et les noms avaient circulé, sans que l’on sache vraiment s’il s’agissait de contacts réels ou de purs fantasmes. Vahid Halilhodzic, Jacques Santini, Gernot Rohr, Laurent Blanc, Lucien Favre, René Girard... beaucoup de noms, sans doute peu de contacts.
La palme de la rumeur la plus farfelue pour un irréel ticket nantais Karembeu-Suaudeau (revival 1995), sans doute sortie directement de l’imagination d’un journaliste du Parisien, le 1er juin.

La piste Denoueix échoue

Au revoir Laszlo, bonjour Pierrot...

Il est vrai que la déclaration d’Emmanuel Cueff, promettant une désignation « originale et surprenante » avait de quoi déconcerter. Au moins avait-elle mis fin à une saga aux épisodes quotidens mettant en scène François Pinault, Emmanuel Cueff et Raynald Denoueix.
L’ancien entraîneur du FC Nantes et de la Real Sociedad avait alimenté la chronique et fait figure de prétendant le plus crédible. D’un « Avec Rennes, je n’ai pas de contact à ce jour, mais si Rennes vient, j’écouterai » le 24 mai, Denoueix s’ouvrait la possibilité d’une entrevue avec M. Pinault. Mais coup de théâtre le 31 mai, il refusait le poste, visiblement peu sûr d’avoir son mot à dire sur le recrutement.
Une semaine plus tard, le 6 juin, la rumeur d’un retour sur sa décision avait fait renaître l’espoir d’une prise de fonction de l’ex-champion de France, mais la nomination de Dréossi deux jours plus tard enterrait définitivement cette piste.

Une nomination qui s’accompagnait de la formation d’un quatuor d’entraîneurs-adjoints, aux fonctions plus ou moins bien définies. Philippe Redon et Michel Sorin pour l’effectif pro dans sa globalité, Christophe Lollichon comme toujours auprès des gardiens, et Laurent Huard chargé "des jeunes professionnels".

Débuts difficiles et recrutement contesté

Cheyrou : une bonne pioche longtemps décriée

Pierre Dréossi se mettait à l’œuvre sur son terrain favori : le recrutement. Moreira le 22 juin, Cheyrou le 29 juin, et enfin Melchiot le 2 août. Pas de quoi cependant pallier dans les esprits les départs des "stars" de l’effectif, les Frei, les Gourcuff, les Källström.
De quoi cristalliser même les critiques autour du manager rennais, d’autant que - comme de coutume - la saison débutait de manière catastrophique. Deux défaites inaugurales contre Lille (1-2) et Marseille (0-2), un nul malheureux face à Monaco (1-1), une déroute valenciennoise (1-3), et voila nos Rennais déjà embarqués dans un match crucial pour la réception de Sochaux.
Un succès suit (2-1), mais ne résout rien. Les résultats restent très moyens malgré quelques coups d’éclats, comme face à Lyon (1-0), et il faudra attendre la série de succès de fin de saison avant que Dréossi n’obtienne réellement la reconnaissance de ses supporters... et une confirmation dans ses fonctions.

Il aura au passage perdu un peu de son aura de "recruteur de talent" que lui avait conféré la venue de l’inconnu John Mensah au bout du mercato d’hiver 2006. Si l’exemple de Mario Melchiot a montré que Pierre Dréossi n’a pas perdu son flair, l’échec des négociations pour Niko Kranjčar fin août et surtout l’échange fin janvier des deux Olivier, Monterrubio et Thomert ont alimenté la chronique.
En contrepartie, on retiendra que Pierre Dréossi a façonné son équipe a l’image de ce qu’il était en tant que joueur : défensif. Jamais le Stade Rennais n’avait été aussi performant sur ce plan, ce qui tranche d’autant avec les années précédentes. Au-delà de la qualité des défenseurs de l’équipe, on retiendra surtout que c’est la discipline collective qui a transformé le Stade Rennais en coffre-fort, occasionnant du même coup quelques problèmes offensifs.

Si ces problèmes d’attaque ont été en partie résolus en fin d’année, c’est sans doute ce secteur qui sera à travailler, en particulier en 2007-2008...

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On rendra enfin un hommage mérité au héros principal (et involontaire) d’un désormais célèbre blog satirique, dont les aventures sont contées régulièrement sur Stade Rennais Online via Le blog de Docteur Dréossi