La victoire en Coupe de France en 1971

Six ans après sa première Coupe de France remportée en 1965, le Stade Rennais, toujours entraîné par Jean Prouff, remporte le trophée pour la deuxième fois.

Le parcours

  • 32es de finale : Stade Rennais UC 4 - 1 US Quevillaise
  • 16es de finale : Stade Rennais UC 2 - 0 Entente BFN
  • 8es de finale :
    • Aller : Stade Rennais UC 1 - 0 CA Mantais
    • Retour : CA Mantais 1 - 1 Stade Rennais UC
  • Quarts de finale :
    • Aller : AS Monaco 2 - 0 Stade Rennais UC
    • Retour : Stade Rennais UC 4 - 0 AS Monaco
  • Demi-finale :
    • Aller : Olympique de Marseille 1 - 0 Stade Rennais UC
    • Retour : Stade Rennais UC 2 - 1 Olympique de Marseille
    • Séance de tirs au but : Stade Rennais 3 - 1 Olympique de Marseille
  • Finale : Stade Rennais 1 - 0 Olympique Lyonnais

L’équipe vainqueur

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L’équipe du Stade Rennais vainqueur de la Coupe de France 1971
Photo Ouest-France


- Debout : Bernard, Cosnard, Chlosta, Cédolin, Cardiet, Aubour et Garcia
- Accroupis : Naumovic, Guy, Lenoir, Keruzoré, Betta et Rico.

La fiche de la finale

- Finale le 20/06/1971, à Colombes (Yves du Manoir)
- Arbitre : M. Vigliani René
- Stade Rennais UC 1 - 0 Olympique Lyonnais
- Mi-temps : 0-1

  • 1 - 0 (63’) : Faute de Valette sur Guy dans la surface de réparation, et donc pénalty. Le rennais se fera lui-même justice.

Compte-rendu

La finale débute sur un rythme relativement peu élevé au Stade de Colombes. Rennes se crée les plus dangereuses occasions mais ne parvient pas à trouver la faille. Les Bretons s’appuient essentiellement sur leur force collective tandis que les Lyonnais misent plus sur leur trio offensif composé de Di Nallo, Félix et Chiesa. Au retour des vestiaires, les choses s’accélèrent sérieusement. A la 55e minute, Félix reprend de la tête un corner, mais sa tête effleure la barre transversale de Marcel Aubour (photo ci-dessous). Quelques secondes plus tard, les Rennais sont déjà dans la surface lyonnaise et réussissent à ouvrir la marque, mais l’arbitre annule l’action pour une position de hors-jeu. Une longue interruption s’en suit du fait des protestations bretonnes.
Après quelques minutes de flottement, la partie peut être relancée et les Rennais se lancent dès lors à l’assaut des buts adverses. Logiquement, ils ouvrent la marque sur penalty à l’heure de jeu (1-0, 63e) par l’intermédiaire d’André Guy, qui, taclé dans la surface, se fait justice lui-même. Malgré de nombreuses occasions en fin de match, essentiellement pour les Rennais, le score n’évolue plus. La Coupe de France se rend pour la seconde fois en moins de dix ans du côté de la Bretagne, qui est pour l’occasion totalement en liesse.
Source : Fédération Française de Football

Témoignage

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Louis Cardiet, seul Rennais à avoir remporté les deux coupes, brandissant le précieux trophée (1971)
Photo Ouest-France

- Alain Cosnard (latéral droit rennais) : « C’est gravé dans ma mémoire et tout le monde en parle encore [NDLR : la Coupe de France 1971]. Un des grands souvenirs de cette épopée, c’est cette qualification difficile contre Mantes-La-Ville, en huitièmes de finale. Sur le papier, c’était l’équipe qui semblait la plus facile pour nous et c’est l’équipe qui a bien failli nous sortir de la compétition. On s’était qualifié sur un pénalty qui a fait couler beaucoup d’encre et le match à Mantes fut particulierement âpre et disputé. Notre équipe, à l’époque, c’était une bande de copains. On vivait tous ensemble pour le club et on rigolait bien, avec un Marcel Aubour qui mettait une sacrée ambiance. En quart de finale, on avait eu un match difficile, à Monaco, on s’était incliné 2-0 mais lors du match retour, on avait refait notre retard en un quart d’heure avant de les battre. Ensuite, en demi-finale, c’était Marseille, et c’est là le plus grand souvenir car l’OM était champion de France en titre. Réussir à les éliminer sur deux matches fut quelque chose de remarquable. Et pourtant nous avions disputé un match de championnat, à Marseille justement, trois jours avant la première confrontation en Coupe et nous avions perdu 5-0. Jean Prouff avait volontairement aligné une équipe inhabituelle pour leurrer les Olympiens, plaçant les joueurs à des postes auxquels ils n’avaient jamais évolué. Marseille s’imposa ensuite 1-0 lors du premier match de Coupe mais éprouva de grosses difficultés à nous battre. Le match retour à Rennes fut exceptionnel. Les gens étaient dans les peupliers, sur les pylônes et sur les toits des tribunes, c’était vraiment extraordinaire. Ce fut un match épique, on s’est trouvé mené avant la demi-heure de jeu mais on ne s’est jamais affolé, on était sûr de se qualifier. Jean Prouff était vraiment un visionnaire, il nous avait dit avant la rencontre que nous allions nous qualifier en prenant d’abord un but mais que nous passerions aux tirs au but. On est revenu logiquement à la marque et la victoire sur l’ensemble des deux matches fut logique. Ensuite, lors de la grande finale, face à Lyon, on n’était pas spécialement favori, on s’est imposé sur un pénalty litigieux mais au dire de tout le monde, notre succès était amplement mérité car nous nous étions créés les meilleurs occasions. Nous avions marqué deux buts avant mais ils avaient été refusés on ne sait toujours pas pourquoi. L’accueil, à Rennes, fut formidable. J’ai le souvenir d’une place de la gare noire de monde, où les gens là encore montaient sur les bâtiments pour nous acclamer, puis il y eut la remontée de l’avenue Janvier jusqu’à la mairie, il y avait je crois 80 000 personnes dans les rues. [...] cela reste un souvenir personnel fort. »