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Nice - Stade rennais, Franck Haise : « J’aurais pu en sortir huit »

Nils 31 octobre 2026 à 14h02

Après la lourde défaite du Stade rennais à Nice, où son équipe a encaissé cinq buts, Franck Haise a regretté le manque de solidité et les attitudes défensives de ses joueurs. L'entraîneur rennais s'interroge notamment sur les difficultés récurrentes de son équipe à l'extérieur.




« On a pris 13 buts sur les trois derniers matchs à l’extérieur »

Il y a bien sûr la performance niçoise, mais qu’est-ce qui s’est passé de votre côté ? Cinq buts encaissés, cela fait beaucoup.

Ça fait beaucoup trop, oui. Il faut souligner la performance niçoise, c’est une évidence. D’ailleurs, on connaissait très bien leurs forces, notamment offensives, et ils l’ont démontré ce soir.

Mais malheureusement, ce n’est pas une première pour nous à l’extérieur. C’est ça qui est, je ne sais pas si « inquiétant » est le bon terme, mais en tout cas la chose à résoudre.

On a pris 13 buts sur les trois derniers matchs à l’extérieur. Zéro point évidemment, mais 13 buts. En changeant de système, parfois en changeant de joueurs, mais malheureusement pas en changeant la rigueur ni les attitudes dans certains duels.

Ce qu’on arrive à faire à domicile, c’est la vraie interrogation : pourquoi n’arrive-t-on pas à le faire à l’extérieur ? Il y aura peut-être des choses, en tout cas de mon côté, à modifier dans l’animation à l’extérieur.

Sur les cinq buts, plusieurs joueurs différents semblent concernés par les erreurs.

Oui. C’est vrai que bien souvent, il faut des erreurs individuelles pour amener un décalage ou un déséquilibre. Il y en a eu. Mais au-delà des erreurs individuelles, c’est ce qu’on a dégagé comme équipe quand on n’avait pas le ballon qui m’a embêté, en restant le plus poli possible.

Les erreurs individuelles, je l’entends, il y en a eu dès le début et jusqu’à la fin. Quand on fait des erreurs individuelles face notamment à Elye, on a de grandes chances de le payer.

Mais c’est vraiment ce que l’équipe a dégagé sans le ballon qui me gêne. On a encore fait du jeu, on s’est créé des occasions, même pas mal d’ailleurs, et même à un moment peut-être pour prendre l’avantage. Mais peu importe finalement. On ne peut pas être une équipe seulement quand on a le ballon, parce que c’est trop peu. En tout cas, à l’extérieur, c’est trop peu et ça se répète.

« Il faut peut-être rassurer l’équipe avec un bloc positionné plus bas »

D’où cela peut-il venir ? Est-ce que vous identifiez le problème ? Est-ce que ça peut être mental ?

Il y a deux choses. Enfin, il y a plein de choses, mais si j’essaie de schématiser, tactiquement, et ça c’est de mon ressort, il faut peut-être se dire que cette équipe n’est pas capable, à l’extérieur, de chercher à défendre parfois avec un bloc haut. Même si tous les buts ne sont pas venus parce qu’on s’est fait transpercer, il faut peut-être la rassurer, entre guillemets, avec un bloc positionné plus bas et différent. Ça, c’est l’option tactique.

Et puis il y a toute la partie sur les attitudes, sur la mentalité, cette volonté de défendre fort à tous les moments du match. On prend un but rapidement, on revient bien dans le jeu, on égalise, puis on laisse de nouveau l’adversaire reprendre confiance. Quand on prend le deuxième but, même si on avait eu deux occasions, on repart. Mais après, on paye tellement d’erreurs que c’est normal.

Il y a aussi, à un moment, les attitudes individuelles de chacun. On doit parfois sentir plus de force, plus de sérénité et aussi plus de malice. Parce que nous, on fait les fautes dans la surface, c’est mieux de les faire avant.

Qu’est-ce qu’on dit aux joueurs à la mi-temps et à la fin d’un match comme celui-ci ? Est-ce qu’il faut pousser une soufflante ?

Je ne veux pas faire de grosses soufflantes chaque week-end. On peut passer des messages forts sans crier. J’ai passé des messages à la mi-temps et à la fin du match. Mais force est de constater que, pour le coup, ça n’a pas été suffisant.

C’est sûr qu’on a deux matchs qui arrivent à domicile, mais contre deux grosses équipes, que ce soit l’Olympiakos en Coupe d’Europe ou Lille. Ce sont des opportunités pour nous de montrer un vrai visage collectif, avec et sans le ballon surtout.

« J’aurais pu en sortir huit »

Quand vous changez deux joueurs à la mi-temps, est-ce pour faire réagir le collectif ?

Oui. C’est ce que je leur ai dit à la mi-temps. J’en sors deux, mais je peux en sortir huit. Enfin, j’allais dire cinq, parce que c’est le nombre de changements auxquels j’ai droit, mais j’aurais pu en sortir huit, je pense. Parce que qui était vraiment dans le ton en première période ? Pas grand monde.

Et après, je leur ai dit que c’était pareil : on pourrait dire qu’on va changer de système, mais on vient justement de changer de système et les deux derniers matchs ont été bons et plutôt solides.

Donc, à un moment, ce n’est pas un joueur ou deux joueurs, ce n’est pas un système. Ça peut être une animation, et ça, c’est pour moi. J’en prends la responsabilité. Mais il y a aussi autre chose dans les attitudes individuelles que chacun doit dégager, du haut jusqu’en bas.

Malgré tout, Rennes s’est créé pas mal de situations. À la mi-temps, vous êtes menés 3-1 alors que vous avez aussi eu des opportunités pour mener au score.

Oui. Bien sûr, il y a aussi notre efficacité dans les deux sens. Mais je ne suis même pas revenu sur le nombre d’occasions qu’on s’est créées, même les occasions qu’on s’est créées à 1-1 pour passer à 2-1. Je n’en ai même pas parlé parce que je pense qu’on a la qualité pour se créer des occasions.

Mais la qualité qu’on a parfois eue dans le jeu doit être encore plus impactante dans le match et s’accompagner de davantage de maîtrise. En première mi-temps, le match était très ouvert des deux côtés. Il y a une équipe qui a été plus efficace que l’autre, mais c’était trop ouvert, notamment pour une équipe comme nous à l’extérieur, qui doit être beaucoup plus solide.

C’était bien trop ouvert pour faire une performance. Ou alors il faut être hyper efficace et peut-être que ça finit à 4-4. Mais la plupart du temps, on perd ces matchs-là. On l’a perdu, je dirais, logiquement, parce qu’on a laissé beaucoup trop d’opportunités à notre adversaire.

« On est tombé sur une très bonne équipe de Nice »

Vous connaissez bien Nice. Cette équipe a beaucoup changé, notamment offensivement. Est-ce une force qui pouvait manquer lorsque vous entraîniez le club ?

Oui, même si la première année, on avait marqué pas mal de buts quand même. Mais en tout cas, on sent cette force. Je connais notamment bien Elye, mais il n’y a pas que lui.

Dans la profondeur, dans les relations entre les pistons et les attaquants, notamment les trois joueurs offensifs, il y a des choses très intéressantes. Même avec le double pivot, ils arrivent aussi de temps en temps à faire des plongées.

C’est aussi pour ça que j’ai commencé en disant que nous étions fautifs sur beaucoup de points, mais qu’on était également tombés sur une très bonne équipe de Nice, avec notamment un Elye des grands soirs.

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