Un œil dans le rétro : Édouard Cissé

Publié le 19 février 2013 à 13h12 par Rodighiero

Un œil dans le rétro. Milieu de terrain défensif, élégant et discret, Édouard Cissé a défendu les couleurs du SRFC pendant une saison. Prêté à l'époque par le Paris Saint-Germain, le joueur palois a ensuite connu une lente mais belle ascension. Stade Rennais Online revient pour vous sur la carrière de cet ex-international espoir.

La bonne affaire rennaise

Né le 30 mars 1978 à Pau, Édouard Cissé découvre les joies du ballon rond à l’AS Billère, alors qu’il vient d’avoir huit ans. Particulièrement performant dans toutes les catégories de jeunes par lesquelles il est passé, le jeune milieu de terrain rejoint le FC Pau à l’aube de ses seize printemps. Dans la foulée, Édouard Cissé s’impose comme le véritable métronome du club de sa ville natale. Il est alors supervisé par les émissaires du Paris Saint-Germain, et rejoint ainsi le club de la Capitale en 1997. Devenu professionnel au PSG, il dispute la bagatelle de onze matches pour sa première saison au plus haut niveau. Sous la coupe de Ricardo, le Palois remporte alors un premier titre, en s’adjugeant la Coupe de la Ligue. Édouard Cissé connaît cependant quelques difficultés pour s’intégrer dans ce monde si particulier : « Je ne suis pas passé par un centre de formation et je n’étais pas armé pour la concurrence. J’étais dans le mode : on est potes, on est cool, allez, on va à la bataille. Mais, il y avait des mecs qui étaient là depuis l’âge de treize ans et qui disaient : attends, mon gars, on est potes en dehors mais, sur le terrain, il n’y a pas de ça. J’ai vite compris ». Pas encore suffisamment mature dans son jeu, le PSG décide alors de le prêter au Stade rennais à l’orée de l’exercice 1998-1999. De son côté, Édouard Cissé souhaite engranger de l’expérience en Bretagne. Débarqué sur les bords de la Vilaine en juillet 1998, le néo-rennais arrive dans un club aux ambitions nouvelles. En effet, le mécène des Champs-Géraux, alias François Pinault, a beaucoup investi dans le club breton à l’intersaison, en enrôlant notamment Paul Le Guen comme entraîneur, ainsi qu’une horde d’anciens parisiens. Mais surtout, le Stade rennais a recruté un attaquant burundais du nom de Shabani Nonda. Le SRFC souhaite changer de galaxie au pays des Champions du Monde. Pour ce faire, le club phare de la Bretagne s’est donné les moyens de ses ambitions, via un recrutement de qualité. Pour son premier match de D1 avec le SRFC, le 8 août 1998 face à Auxerre (1-0), Édouard Cissé remplace le jeune prodige Fabrice Fernandes à deux minutes du terme de la rencontre. Sous la houlette de Paul Le Guen, le jeune milieu de terrain est titularisé pour la première fois face à Strasbourg (1-1) trois journées plus tard. Remplacé par Laurent Huard dix minutes avant le coup de sifflet final, l’ex-palois a marqué des points en faisant preuve d’une belle activité dans l’entrejeu breton. Dans le même temps, il est régulièrement sélectionné chez les Espoirs par Raymond Domenech, en compagnie du petit gars de Saint-Sulpice-la-Forêt, Yoann Bigné. Sous l’impulsion de l’incroyable Shabani Nonda, le SRFC se hisse rapidement dans le haut de tableau de la première division. En dépit d’un couac enregistré à Bordeaux (4-0), alors emmené par l’étincelant Sylvain Wiltord, « Doudou » ne regrette pas d’avoir suivi l’entraîneur breton de Paris jusqu’à Rennes. Buteur à Nancy (1-0) lors de la neuvième journée du championnat, il était en contact avec le club lorrain en début de saison : « J’ai préféré Rennes parce que j’y connaissais davantage de joueurs ». Il a aussi opté pour les ambitions bretonnes, qui lui ont semblé beaucoup plus importantes que celles de l’équipe nancéienne. À Marcel Picot, le « numéro 26 » en a donc profité pour inscrire son premier but sous la tunique rouge et noire. Bien placé, il a logé un tir lointain en pleine lucarne du portier lorrain. Le jeune milieu de terrain palois était bien connu de Paul Le Guen, pour l’avoir fréquenté en tant que joueur la saison précédente. Bien conscient des qualités du jeune garçon, l’entraîneur finistérien a d’ailleurs insisté pour le faire venir sur les bords de la Vilaine. Prêté pour un an, Édouard Cissé s’est vite imposé en Bretagne, où il occupe l’espace route de Lorient avec brio. Pétri de talent, il n’a pas tardé à reléguer l’ancien capitaine rennais Laurent Viaud sur le banc.

Stade rennais, saison 1998-1999

Un palmarès qui laisse rêveur

Les semaines se suivent et se ressemblent pour Édouard Cissé, qui confirme ensuite son rôle d’élément de base de la coriace formation stadiste. Troisième à la trêve, le SRFC a fait preuve de solidité durant les dix-sept premières journées de championnat. Que ce soit à gauche ou dans l’axe, Édouard Cissé s’est lui imposé comme l’une des pièces maîtresses du dispositif de Paul Le Guen. Pendant ce temps, Rennes rêve d’Europe. Le jeune milieu de terrain n’est d’ailleurs pas étranger à cette nouvelle chimère. Mais avec l’arrivée de Christophe Le Roux au cours du mercato hivernal, la concurrence s’est considérablement accrue au sein de l’entrejeu stadiste. Les Stéphane Grégoire, Patrick Weiser ou autre Cyril Yapi, espèrent eux aussi gagner du temps de jeu durant la phase retour. Si bien que le natif de Pencran décide de mettre en place un turn-over. Un procédé qui fonctionne plutôt bien, puisque le Stade rennais continue brillamment sur sa lancée. À ce petit jeu, Édouard Cissé n’est pas en reste et protège son statut de titulaire en puissance. Rennes termine finalement à la cinquième place de D1, et accroche un accessit européen via la défunte Coupe Intertoto. De son côté, et pour sa première saison complète dans l’élite, Édouard Cissé a disputé la bagatelle de vingt-huit matches de championnat et marqué deux buts. Des statistiques jugées suffisantes par le club de la Capitale, qui souhaite le faire revenir à l’issue de sa belle saison en Bretagne. De retour à Paris, il se montre plutôt irrégulier dans ses performances. Il souffre par ailleurs de la concurrence de joueurs chevronnés, tels que Ali Benarbia ou Jay-Jay Okocha. Il joue cependant vingt-huit matches de première division, et participe pleinement à la belle seconde place du Paris Saint-Germain. Il est également finaliste malheureux de la Coupe de la Ligue. À l’aube de l’exercice 2000-2001, il est alors contacté par le club espagnol de la Real Sociedad, sans néanmoins franchir le cap. Dans la foulée, il découvre la Ligue des Champions mais ne parvient toujours pas à s’imposer en tant que titulaire de la formation parisienne. Le PSG remporte la Coupe Intertoto à l’été 2001, mais la saison de l’ancien rennais est perturbée par des problèmes relationnels avec son entraîneur Luis Fernandez. À la recherche du temps perdu, Édouard Cissé tente alors une expérience Outre-Manche, à West Ham. Il y effectue une honnête saison, en dépit de la relégation du club anglais à l’échelon inférieur. Dans la foulée, le milieu de terrain palois s’engage avec l’AS Monaco de Didier Deschamps. Sur le « Rocher », Édouard Cissé explose littéralement, et prend ainsi part à l’épopée monégasque en Ligue des Champions. Auteur de deux buts dans la compétition reine continentale, il est également titulaire lors de la finale perdue face à Porto (3-0). Mis en lumière par ses prestations au sein du club de la Principauté, Édouard Cissé retrouve le PSG, où il évolue comme titulaire durant trois saisons supplémentaires, entre 2004 et 2007. À cette époque, le Paris Saint-Germain enchaîne les crises sportives. L’ancien rennais n’est pas déstabilisé pour autant, et se montre régulier dans l’entrejeu parisien. Vainqueur de la Coupe de France 2006, Édouard Cissé tente ensuite un nouveau pari en Turquie, où il signe un contrat avec le Besiktas Istanbul. Après une première saison d’adaptation, le milieu de terrain stambouliote remporte le doublé Coupe-Championnat la saison suivante (2008-2009). Libre de tout contrat, l’ancien milieu de terrain de Besiktas s’engage alors pour deux saisons avec l’Olympique de Marseille, où il retrouve un certain Didier Deschamps. Appliqué, sobre et ingénieux, le milieu récupérateur du club olympien s’impose rapidement dans sa nouvelle équipe, au point d’occuper le poste majeur de la sentinelle concoctée par l’ancien Champion du Monde 1998. Dans la foulée, il remporte un doublé historique : championnat - Coupe de la Ligue. Avec trente-deux matches en Ligue 1 à son compteur et cinq en Ligue des Champions, Édouard Cissé a certainement réalisé la meilleure saison de sa carrière, dans une position de milieu récupérateur axial. Moins en verve la saison suivante, Édouard Cissé résilie son contrat avec l’OM au début de l’exercice 2011-2012. Il rejoint ainsi l’AJ Auxerre, avec un contrat d’un an assorti d’une année optionnelle à la clé. Dans l’Yonne, il retrouve son ancien coéquipier Laurent Fournier, avec qui il avait débuté sa carrière en 1997. Le nouveau milieu de terrain ajaïste connaît ainsi son septième club, et une relégation en L2 à l’issue de la saison. Non conservé par le club icaunais, Édouard Cissé est depuis devenu consultant sur BeIN Sport.

Sa carrière en bref

1986-1994 : AS Billère
1994-1997 : Pau FC
juillet 1997 - juin 2007 : Paris Saint-Germain
août 1998 - juin 1999 : Stade rennais FC (prêt)
juillet 2002 - juin 2003 : West Ham United (Angleterre, prêt)
juillet 2003 - juin 2004 : AS Monaco (prêt)
juin 2007 - juin 2009 : Besiktas SK (Turquie)
juin 2009 - août 2011 : Olympique de Marseille
août 2011 - juin 2012 : AJ Auxerre

Sources :
- Archives Ouest France
- Wikipedia
http://www.om.net

Sources photos :
- Archives Ouest France
srfc.frenchwill.fr

Vos réactions (9 commentaires)

  • Louis G

    19 février 2013 à 14h38

    Voilà un joueur ,fort sympathique, que j’aurais bien aimé voir jouer au moins une année de plus au Stade Rennais...je l’ai suivi depuis en m’étonnant de ne pas le voir jouer en équipe de France !...avec des entraineurs comme Paul Le Guen ou Didier Deschamps plus souvent , je pense que sa carrière aurait pris davantage de « volume » compte tenu de son potentiel nettement au-dessus de la moyenne...merci Rodi de nous rappeler la carrière de ce joueur devenu maintenant consultant... mais j’ignore pour quelles raisons il a arrêté sa carrière à 34 ans ??...

  • Pietro

    19 février 2013 à 15h57

    Pareil, Louis G, j’aurais aimé le voir rester plus longtemps. Je garde un excellent souvenir de cette première toute belle saison (98-99) depuis le retour en D1.
    Après, pour ce qui est de l’équipe de France, n’oublions pas qui y jouait à cette période.
    Mais merci Rodi, toujours des rétros sympathiques ! :)

  • Dirk diggler

    19 février 2013 à 17h38

    Pareillement, un joueur que j’ai apprécié pour son bon état d’esprit et ses performances intéressantes lors de son passage à Rennes.
    Au final il aura eu une carrière plutot pas mal : près de 80 matchs européens,des titres nationaux,des coupes sans oublier qu’il a fait partie de l’épopée de l’AS Monaco jusqu’en finale de la Champions league en 2004 avec des matchs de qualif absolument fabuleux.

  • fada29

    19 février 2013 à 18h37

    Bonsoir.Voilà un joueur qui pour moi a laissé un bon souvenir de son passage,comme dit au dessus pas resté assez longtemps au SRFC.

  • solos

    19 février 2013 à 18h59

    joueur au grand talent mais aussi bcp de déchets à son passage à Rennes, passage où il était encore un jeune apprenti qui avait pourtant une certaine autorité déjà. Par contre je suis perplexe sur les commentaires ! C’est toujours après que l’on se rend compte des qualités d’un joueur, sur le moment je me souviens qu’au stade Cissé était régulièrement sifflé ! il faudrait peut être savoir apprécier ce qu’on a au moment où on l’a !!! c’est un gros problème à Rennes !!! et ça fait au moins trente ans que ça dure...

  • pokou

    19 février 2013 à 21h28

    Un joueur extrêmement rapide je l’ai connu Comme Philippe Morin joueur que j’adore Comme Pokou

  • paquit35

    20 février 2013 à 01h59

    Je me souviens surtout qu’il se prenait pas mal de cartons jaunes le doudou. 9 en 26 titularisations (apres consultation sur lfp.fr).

  • 20 février 2013 à 20h20

    très bon joueur surnommé anaconda

  • Philoubzh35

    20 février 2013 à 22h10

    Oui Bon souvenir aussi de ce joueur respecté, respectable, correct...
    Hors Sujet maintenant :
    On entend tout et et surement n’importe quoi concernant le Nigérien « Uzoeni »..(?? désolé pour l’ Orthographe), qq’un l’a -t-il déjà vu, s’entraine -t-il vraiment avec le SRFC, les Pros..??
    Peut-il être la solut° de remplacement d’Aless..? Anto peut-il compter sur lui..ou est-ce ..pour l’Avenir..?
    Merci pour vos précisions..
    Allez rennes Kénavo.

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