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Petter Hansson, le départ d’un capitaine exemplaire
mardi 1er juin 2010 - 22:56 - par
Duhault
Après trois saisons au Stade Rennais, Petter Hansson quitte les « Rouge et Noir » et devrait rejoindre l’AS Monaco. Moqué à ses débuts, indéboulonnable par la suite, l’international suédois laissera l’image d’un homme exemplaire aussi bien sur et en dehors des terrains.
Une première année sous les critiques
En fin de contrat à Heerenveen (Pays-Bas), Hansson décide de s’émanciper en donnant son accord au Stade Rennais. Paraphant un contrat de trois ans, l’international suédois s’inscrit dans la durée à Rennes, afin de solidifier le secteur défensif stadiste.
Les débuts de Hansson en Ligue 1 sont délicats, et il connaîtra un baptême manqué devant son public lors de l’ouverture de la saison 2007-2008 contre Nancy (0-2). Ce soir là, son association avec John Mensah ne laissera pas transpirer une réelle complicité et complémentarité entre les deux hommes. En phase d’acclimatation, il se rachète deux semaines après en offrant les trois points à sa formation devant Saint-Étienne (1-0) d’un but plein de rage qu’il ira communier avec le public breton.
Au cours de cette saison, le joueur ne sera pas épargné par les critiques, notamment par les médias locaux et les supporters rennais. Le scepticisme ambiant naîtra de son manque de vitesse, d’une relance parfois hasardeuse et d’une défense rennaise souvent aux abois où le grand blond sera souvent remis en cause. Cependant, Hansson ne connaîtra aucune stabilité au cours de cette saison où Guilllaume Borne, Bira Dembélé, Stéphane M’bia et John Mensah se relayeront à ses côtés pour former la défense centrale rennaise.
Difficile dans ces cas-là de trouver des automatismes. Toutefois, cela n’empêchera pas les « Rouge et Noir » de terminer leur saison à la sixième place, qualificative pour la Coupe Intertoto.
Hansson, taille patron
La saison 2008-2009 sera la meilleure de Hansson sous le maillot des « Rouge et Noir » . Avec Kader Mangane, la charnière centrale stadiste sera l’une des plus imperméables du championnat de France. Sous l’égide de Guy Lacombe, la combativité, la rigueur et la solidité de Hansson sauteront aux yeux de tous les observateurs.
Dans un système de jeu reposant sur une cohésion et une organisation sans faille, le « Viking Rennais » sera une des pièces maîtresse de Lacombe, qui en fera son pilier aussi bien sur le terrain que dans le vestiaire. Au contraire de la saison passée, les performances de Hansson seront louées par son aptitude à être intraitable dans les duels tout en compensant ses lacunes par sa lecture de jeu, une domination constante dans le domaine aérien et un placement de vieux briscard.
Homme de devoir, Hansson mettait la tête là où personne n’aurait mis son petit doigt. À Grenoble (1-0, 2e journée), il s’en tira avec deux dents cassées, mais qu’importe pour ce dernier, qui était déjà reparti au combat avant même que les soigneurs ne rentrent sur le terrain.
Au cours de cette saison, Hansson et ses coéquipiers sont tout près des sommets. Après une phase aller dantesque avec une série de dix-neufs rencontres sans défaite, le Stade Rennais se retrouve deuxième après son succès contre Grenoble à domicile (1-0) au soir de la 20e journée. La suite ne sera que plus difficile à digérer pour le principal intéressé et le peuple rennais.
Tout près de rentrer dans l’histoire...
Alors que la première partie de saison du Stade Rennais laissait augurer de belles perspectives, les « Rouge et Noir » craquent à l’approche du sprint final devant une pression devenue plus palpable. Après que leurs ambitions en championnat furent évanouies à la suite des indisponibilités de Briand et Mangane, ils réalisent un parcours sans faute pour se hisser en finale de la Coupe de France.
Perturbé par une douleur au mollet, Hansson ne sera pas en pleine possession de ses moyens lors cette finale au Stade de France contre Guingamp (1-2). Dans une journée qui devait s’apparenter à une consécration, les protégés de Lacombe rentreront sur le rectangle vert avec la peur au ventre face à une formation costarmoricaine en pleine confiance.
Lors de cette rencontre, le buteur guingampais Eduardo hantera à jamais les nuits de Hansson et des supporters rennais en trompant la vigilance de Nicolas Douchez par deux fois. Par la même occasion, il privera même l’international suédois de soulever le trophée de la Coupe de France. Un privilège que seuls Yves Boutet en 1965 et Louis Cardiet en 1971 avaient eu l’honneur de connaître à Rennes.
Un départ en toute intimité
Arrivant à la fin de son bail à l’issue de la saison 2009-2010, Hansson tient entre ses mains une proposition de prolongation d’un an de la part de ses dirigeants. Souhaitant privilégier l’aspect familial, il réserve sa réponse en laissant une certaine indécision au niveau de son contenu tout au long de l’année.
Nostalgique de son pays d’origine, celui-ci prend tout le monde à contre-pied lorsque les premières rumeurs l’envoient à... Monaco. À quelques encablures de la fin de saison, il ne fait plus de doute que Hansson quittera le Stade Rennais au terme de cette saison sans que cela ne nuise à ses dernières prestations sous le maillot stadiste.
Par son départ, le Stade Rennais ne perd pas seulement un des meilleurs défenseurs centraux du championnat, mais tout simplement son capitaine, un leader dans l’âme, un joueur respecté qu’il sera bien difficile de remplacer si l’on se projette sur du court terme.
Le passage de Hansson ne pourra pas laisser insensible tant le joueur aura retourné l’opinion de tout un peuple, qui ne voyait en lui qu’un élément de seconde zone à ses débuts. Lors de son dernier match à domicile contre Nice (2-2, 37e journée), le public de la Route de Lorient lui réserve une ovation en deçà de ce qu’il avait connu à Heereven notamment où il était pratiquement un dieu vivant.
Qu’importe, Hansson n’en tiendra pas rigueur aux supporters, bien qu’il ait tout donné sous le maillot rennais et était souvent un des seuls à aller les saluer lors des différents déplacements. C’est aussi ça, la marque des grands joueurs.