18 juillet 2010 | à 19h29

Dans le rétro : Stéphane Guivarc’h

Aujourd'hui retraité des terrains de football, Stéphane Guivarc'h a porté le maillot du Stade Rennais lors de la saison 1996-1997. Durant celle-ci, il marque le club de son empreinte en inscrivant 22 buts en Division 1 et en étant un des grands artisans du maintien des « Rouge et Noir ». L'année d'après, le joueur sera champion du monde avec l'équipe de France.

Dans le rétro : Stéphane Guivarc'h

Les facteurs du mariage

Après avoir fait les beaux jours de Guingamp dans les divisions inférieures, Guivarc’h rejoint l’AJ Auxerre et son entraîneur emblématique Guy Roux afin de prendre une toute autre dimension footballistique. Le premier opus de l’attaquant breton dans le club bourguignon ne sera pas une réussite en terme de temps de jeu, puisque la concurrence est vive dans le secteur offensif avec les Christophe Cocard, Thomas Deniaud, Lilian Laslandes et consorts.
Toutefois, cela lui permettra de garnir son palmarès en décrochant un titre de Champion de France et la Coupe de France en 1995. Le passage étant obstrué du côté d’Auxerre, le natif de Concarneau opte pour la solution du prêt et retrouve sa Bretagne natale. Après Brest et Guingamp, Guivarc’h signe une saison au Stade Rennais dans le but de se relancer. Un choix que les dirigeants stadistes et le joueur ne regretteront pas.

L’ombre de Grassi

Ambitieux, Guivarc’h sait qu’il lui sera difficile de gagner le cœur des supporters rennais puisque l’arrivée de celui-ci se fait au détriment du départ de Marco Grassi à Monaco. En deux saisons, le Suisse a marqué plus d’une vingtaine de buts dans l’élite et a formé un tandem de choc en attaque avec Sylvain Wiltord. Le challenge est difficile, mais loin d’être insurmontable pour le Breton d’origine, qui veut vraiment lancer sa carrière en Division 1 après une première expérience mitigée à Auxerre.

Sous les commandes d’Yves Colleu, le Stade Rennais ne pourra jouer que les seconds rôles dans le championnat au vu des moyens du club. Pourtant, la saison débute sous les meilleures auspices avec la participation des « Rouge et Noir » à la Coupe Intertoto.
Lors du premier match, les Rennais se déplacent en Israël, sur les terres de l’Hapoël Tel Aviv. Sérieux, ils l’emportent grâce à un doublé de Guivarc’h (0-2). Au cours de la compétition, il trouvera une nouvelle fois des sensations de buteur en marquant un coup-franc contre Orgryte (1-1), mais cela ne suffira pas, le sort des rennais étant déjà scellé avant la rencontre. Les prémices d’une saison difficile.

L’éclosion d’un buteur hors pair

Au sein du club, on ne se fait pas d’illusions, le maintien est l’objectif prioritaire. Lors de la saison 1996-1997, les Rennais ne gagnent pas un seul match à l’extérieur, même s’ils en furent tout proche un soir de septembre à... Nantes. Menant 3 à 2 à la Beaujoire grâce notamment à un doublé de Guivarc’h, Rennes se montre fébrile dans les derniers instants de la partie et délaisse le marquage sur Da Rocha, qui ajuste Pandurovic de près.
Au vu de l’inconstance chronique des stadistes à l’extérieur, le club scelle son maintien grâce à son buteur prolifique et à un bon parcours à domicile. Renard des surfaces, doté d’une frappe de balle magistrale et d’une adresse sans faille, l’ancien Guingampais sera une des têtes d’affiche de la saison, l’un des fers de lance d’une année marquée par de nombreux exploits retentissants.

Le 28 octobre, il est le bourreau du Paris Saint-Germain (2-1, 14ème journée), alors leader du championnat. Les hommes de Colleu font plus que jeu égal avec les Parisiens. On entre dans les vingt dernières minutes quand les « Rouge et Noir » obtiennent un pénalty. Guivarc’h transforme la sentence d’une frappe sèche croisée, qui ne laisse aucune chance à Lama. Les deux protagonistes se retrouveront un peu plus tard. Sur un centre venu du côté droit, le coup de tête de l’attaquant stadiste est effleuré par Lama. A terre, le gardien de la capitale tente de récupérer le ballon mais il ne peut que constater les dégâts puisque le cuir roule tranquillement derrière sa ligne de but. La réduction du score par Loko en fin de match n’est pas suffisante pour éviter la première défaite des Parisiens de la saison. C’est alors que le public de la Route de Lorient trouve sa nouvelle coqueluche en la personne de Guivarc’h.
Lors de la 18ème journée, Rennes reçoit Auxerre au Stade de la Route de Lorient. L’ambiance est électrique puisque la situation du club est critique, et les Icaunais jouent alors les trouble-fête en Champion’s League. La rencontre est équilibrée et n’est débloquée que dans les derniers instants de la partie. Mahé récupère un ballon côté gauche et transmet à Guivarc’h. Le Breton, excentrée, repique vers le centre et déclenche une frappe coup de pied dans le petit filet de Charbonnier. Rancunier et « chambreur », le joueur se dirige vers le banc... auxerrois en faisant signe des mains à Guy Roux de célébrer l’unique but de ce match (sic).

Quelques semaines plus tard, il devient le héros de tout un stade en réalisant un triplé face à l’Olympique de Marseille (4-2, 23ème journée). Il connaît la même réussite face à l’Olympique Lyonnais (4-3) de Gava, Giuly et consorts lors d’un seizième de finale de Coupe de la Ligue. Le maintien acquis dans le dernier souffle du championnat, Guivarc’h aura joué un grand rôle grâce à son apport dans le geste décisif. Le Stade Rennais terminera à une peu flatteuse seizième place, à seulement trois points du premier relégable.
À lui seul, Guivarc’h aura marqué vingt-deux des quarante buts du Stade Rennais, soit un ratio de 55 %. Ce qui lui permettra de finir meilleur buteur du championnat, trophée que seuls Walter Kaiser (1932-1933, 22 buts) et Jean Grumellon (1949-1950, 29 buts) avaient raflé sous le maillot rennais.
Guivarc’h pouvait ainsi repartir à Auxerre avec le sentiment du devoir accompli. Mais, il était loin de se douter que l’année d’après, il serait un des héros d’un certain 12 juillet 1998.

Une carrière sur le déclin

Entré au panthéon du football en soulevant la Coupe du Monde, il connaît une suite de carrière plus compliquée. Ayant déjà prouvé toutes ses qualités dans l’hexagone, Guivarc’h se donne un nouveau challenge en partant à l’étranger. Hélas, ses expériences à Newcastle et au Glasgow Rangers tournent au fiasco, et le joueur retourne à Auxerre où il subit l’émergence d’un certain Djibril Cissé. Poussé vers la sortie, il retrouve les joies de ses débuts professionnels en signant à Guingamp.
C’est alors que le calvaire de Guivarc’h commence avec des blessures à répétition, notamment à cause d’un genou récalcitrant. Moins de douze mois après avoir retrouvé les Côtes d’Armor, il met fin à sa carrière sportive. Le Breton n’a cependant pas définitivement coupé avec le rectangle vert puisque depuis 2007, il entraîne Trégunc (Division Supérieure Régionale) qui s’est distingué cette année en atteignant le septième tour de la Coupe de France. Le retour de Guivarc’h sous les feux des projecteurs était tout proche.

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