4 mai 2012 | à 23h45

Michel Le Milinaire, le « meunier » breton

Un œil dans le rétro. Personnage charismatique, Michel Le Milinaire s'est forgé une exceptionnelle carrière, à travers des idées de jeu bien précises. Légende vivante au Stade lavallois, il a également insufflé un vent nouveau au Stade rennais entre 1993 et 1996. Stade Rennais Online revient pour vous sur son fabuleux parcours.

Michel Le Milinaire, le « meunier » breton

Au panthéon du Stade lavallois

Né en 1931 à Kergrist-Moëlou dans les Côtes-d’Armor, Michel Le Milinaire pratique tout d’abord le cyclisme dans sa jeunesse. Il prend ainsi le départ de plusieurs courses dans son département natal. Il quitte ensuite son petit village d’origine, afin de poursuivre ses études à Saint-Brieuc. Dans la préfecture costarmoricaine, il foule alors les pelouses de football et opte définitivement pour le rectangle vert. Quelques années plus tard, il devient un jeune instituteur l’espace de douze mois au Maroc. Il prend ensuite la direction de l’École normale d’instituteurs de Laval en 1953.

En Mayenne, il entame une modeste carrière de joueur amateur au Stade lavallois, qu’il poursuit au Club athlétique mayennais au début des années 1960, et ce, durant cinq années. Mais Michel Le Milinaire va surtout se forger une renommée en tant qu’entraîneur emblématique du Stade lavallois. En effet, il prend les rênes du club mayennais en 1968, et le conduit du CFA jusqu’en Coupe UEFA. Personnage très cultivé, il réussit tout d’abord l’exploit de hisser le Stade lavallois en D1 à l’issue de l’exercice 1975-1976.
Dans la foulée de cette improbable réussite, il permet au club de devenir professionnel. Avec l’aide du président Henri Bisson, « Mimi » structure le club et en fait l’un des meilleurs de France pendant de nombreuses années. Il explique brièvement sa philosophie en septembre 1981 : « Avec les joueurs, nous sommes attachés à un jeu court et précis, fait de progressions rapides. Lorsqu’on y ajoute un brin de panache sur le plan offensif, c’est agréable et souvent efficace. Sachez aussi que notre public aime ce football et qu’il ne manque pas de nous faire des reproches quand nous changeons accidentellement de manière ».

À cette époque, Laval tient tête aux plus grandes cylindrées de l’hexagone, jusqu’à se qualifier en coupe d’Europe au terme de la saison 1982-1983. Cinquième du championnat, le Stade lavallois obtient le droit de disputer la Coupe UEFA. Un incroyable exploit au vu des capacités financières du club mayennais. Michel Le Milinaire est un entraîneur résolument optimiste de nature, et doté d’un fort tempérament. Amoureux du football bien « léché » et offensif, il s’exprime à l’aube de la saison 1983-1984 : « Nous avons été obligés de renouveler considérablement l’équipe et le gros problème est de savoir comment et quand nos nouveaux joueurs (Jank, Godart et Faucher) pourront s’adapter et s’intégrer à l’ensemble. D’autant que tous trois vont découvrir la D1 et la Coupe d’Europe. Nous possédons plusieurs jeunes joueurs de qualité comme Miton, Pérard ou Thierry Goudet sur lesquels nous pourrons compter. Nous ne changerons rien à notre esprit et à nos habitudes et notre réussite ne nous fera pas tourner la tête ».
Il réussit finalement un retentissant coup de maître le 28 septembre 1983, en éliminant le Dynamo de Kiev lors du premier tour de la Coupe UEFA. La France du football salue d’ailleurs l’incroyable performance à sa juste valeur. En 1989, Laval quitte pourtant la D1 après treize années ininterrompues de présence et ne l’a pas retrouvé depuis. « Mimi » déclare alors : « Je ne suis pas superstitieux mais je vais peut-être le devenir. La preuve est faite que nous venons de vivre une saison à marquer d’une pierre noire. On a fait un départ difficile avec trois défaites en quatre matches, puis il y a tous ces buts encaissés dans les dernières minutes par manque de vigilance, ces matchs importants ratés, à domicile, ces tournants mal négociés et puis, on finit par une défaite 8-0 à Lille ». Et rajoute : « Nous sommes bel et bien l’avant-dernière équipe du championnat. Personne, ici, n’a voulu m’écouter. Nous avons continué dans la bricole. D’année en année, le danger se précisait. Maintenant, tout le monde va s’apercevoir qu’on ne parlera plus de Laval. J’ai longtemps hésité avant de resigner mais c’est fait. Je me dis parfois que j’aurai quand même dû changer d’air ».

À la tête de l’équipe mayennaise pendant près de vingt-cinq ans, le petit professeur à casquette atténue pourtant l’échec au soir de la défaite face à Lille : « La D2 ne doit pas être considérée comme un pensum mais comme un moyen de se relancer, c’est du moins ce que je peux espérer au soir d’une pareille déculottée », en vain. Sous sa coupe, les « Tangos » auront écrit leurs plus belles lettres de noblesse. D’un point de vue individuel, il aura été nommé meilleur entraîneur de l’année en 1980 et 1984. Finalement mis à l’écart en octobre 1992, il occupe le poste de directeur technique pendant quelques mois, suite au décès d’Henri Bisson. C’est alors que le Stade rennais pense à lui pour remplacer Didier Notheaux, avec qui le club breton n’a jamais réussi à trouver une certaine stabilité. À Rennes, « Mimi » est chargé de transmettre toute son expérience au SRFC, et a pour objectif de faire remonter le club breton en D1 à l’issue de la saison 1993-1994.

Stade lavallois, exercice 1984-1985

« Le vieux sage »

Au terme d’un véritable festival offensif face à Beauvais (5-3), le SRFC prend la tête de la super D2 dès la quinzième journée du championnat, et adresse un signe fort à ses adversaires. « Mimi » n’avait d’ailleurs eu cesse de répéter les semaines précédentes que : « Le jour où nous mettrons à profit nos possibilités, cela paiera ». Et il avait raison. Plus tard, lors d’une victoire face à Istres (1-0), le « vieux sage » explique : « Je crois à la loi des grands nombres. Si nous sommes second à mi-parcours, ce n’est pas le fait du hasard. Les chiffres ont une signification ». Rennes ne quittera plus le podium. La consécration intervient finalement à... Istres (0-1), lors de l’avant-dernière journée du championnat.
Le Stade rennais termine ainsi second du championnat, et assure l’essentiel en obtenant son ticket pour la première division. Michel Le Milinaire a réussi là où Didier Notheaux a échoué. À l’orée de l’exercice 1994-1995, le Stade rennais est en quête de stabilité. Trop souvent inscrit par le passé sur la liste des relégués, le SRFC souhaite que sa promotion en D1 inaugure une nouvelle ère plus longue au sein de l’élite. Sorti indemne de deux saisons supplémentaires dans l’antichambre du football français, le club breton veut se projeter sur le long terme, une fois n’est pas coutume.

Placé sous la haute surveillance de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le club de la capitale bretonne s’est doté d’un budget de cinquante-huit millions de francs (soit 9 millions d’euros environ), dans lequel la part occupée par les entrées au stade (environ 25 %) prévoit une moyenne de 11.000 spectateurs. Pour arriver à bon port, le club du président René Ruello s’est attaché les services de sept joueurs, en misant sur le double tableau de la jeunesse et de l’expérience. Le Lavallois Patrice Carteron et le Parisien Samuel Michel d’une part, les Marseillais Fugier, Thomas, Rousset, ainsi que le franco-suisse Christophe Ohrel et l’attaquant helvétique Marco Grassi d’autre part.
Malgré l’échec du transfert de Jean-Pierre Cyprien, Michel Le Milinaire alias « le sage parmi les sages », savoure ce qui constitue également pour lui un retour en D1. Il pense d’ailleurs disposer des moyens suffisants pour réaliser l’objectif assigné à tout promu, à savoir le maintien parmi l’élite. Pour son retour parmi les grands, Rennes doit patienter jusqu’à la quatrième journée pour obtenir son premier succès en championnat. Ce soir-là, le SRFC l’emporte sur le score de deux buts à zéro face aux Girondins de Bordeaux. Et pour sa première sous la tunique rouge et noire, le nouvel attaquant Rennais Marco Grassi n’a pas raté ses débuts.

À propos de l’auteur du second but stadiste, Michel Le Milinaire ne tarit pas d’éloges : « Il a fait une rentrée au-delà de ce que j’espérais. Il a conquis tout le monde. Il a servi de point d’ancrage devant et a pesé énormément sur la défense centrale bordelaise ». Puis, la semaine suivante, Rennes l’emporte à Sochaux avec la manière (1-3). Le vieux sage apprécie : « On a fait le match qu’il fallait à l’extérieur. Nous avons posé des problèmes par nos attaquants et nos contres mortels ont été bien menés ». Mieux, la complémentarité Grassi - André est apparue au grand jour dans le Doubs. Durant la phase aller, le club de la capitale bretonne est pourtant parfois corrigé comme à Lens (0-5) ou à Caen (1-5), mais l’ancien maître de l’école lavalloise garde tout au long de la saison, une foi inébranlable en son système de jeu.
Malheureusement, dès le début de la poule retour, Rennes se noie encore au Havre (0-4). Inquiet, Michel Le Milinaire constate : « Qu’importe le système choisi. Tout n’est qu’une question d’animation ». Pourtant, avec le retour de Nikolaï Iliev [1] dans l’axe de la défense, et les arrivées de Pascal Fugier et de Carteron sur les flancs, « Mimi » pensait disposer d’un ensemble capable de tenir la route. Mais le cas difficile du libéro bulgare est venu compliquer la situation, et l’équilibre trouvé en début de saison s’est rapidement rompu comme l’explique l’entraîneur rennais : « À partir du moment où une équipe encaisse des buts, elle perd de sa confiance, de sa sérénité. Elle n’a plus la sûreté pour porter l’estocade à l’adversaire. Il ne faut pas tourner autour du pot. Il n’y a pas de bonne équipe sans une bonne défense. Il faut absolument se renforcer défensivement ».

Rennes se met alors sur les traces d’un défenseur d’envergure : « Il nous faut un libéro qui présente des qualités défensives très très affirmées avec un bon jeu de tête, des qualités athlétiques, de la rigueur et du sérieux », déclare le coach breton. La perle rare se nomme finalement Brian Jensen, un défenseur danois arrivé en provenance du Bröndby IF. Alors dans la tourmente, il faut attendre trois mois pour voir enfin une victoire stadiste, ô combien salvatrice contre Sochaux (2-1). « Il n’y a vraiment pas lieu de faire la fine bouche. Quand on joue un match en retard chez soi, et qu’on est dans une position délicate, il est très important de prendre les trois points. Retrouver le goût de la victoire n’est pas négligeable non plus » assure « Mimi ».
En difficulté, Rennes trouve les forces nécessaires pour réussir une belle fin de saison, dominant au passage Caen (5-0), le Paris Saint-Germain (4-0) et Martigues (5-1). En trois coups de cuiller à pot, le Stade rennais a assuré son maintien en boulet de canon. Avec brio et solidarité, mais aussi avec efficacité et rigueur, le SRFC a su parfaitement mettre le doigt à chaque fois sur les insuffisances et les plaies adverses.

Le maintien assuré à deux journées de la fin du championnat, les rumeurs de départ de certains joueurs sont annoncées, comme celle de Jocelyn Gourvennec pour Nantes. Michel Le Milinaire commente alors : « Il est normal que tout bon joueur désire rejoindre une équipe européenne qui joue le haut de tableau, mais il faut mieux parfois être maître chez soi que le second chez les autres ». Le départ de l’universitaire breton sera pourtant acté à l’issue de la saison. Alors que l’exercice 1994-1995 n’est pas encore clôturé, l’avenir et ses points d’interrogation agitent déjà les coulisses du club de la capitale bretonne. Michel Le Milinaire en a bien conscience : « J’ai un peu mal au cœur de jeter déjà un œil sur la saison prochaine alors que je voudrais rendre hommage au groupe qui a rempli son contrat si braillement. Mais je sais, c’est la règle du jeu ».
L’entraîneur breton est un sentimental. Il y a finalement beaucoup de choses positives à retirer de cette cuvée 1994-1995, comme l’indique le natif de Kergrist-Moëlou : « J’enregistre de grosses satisfactions concernant notre compartiment offensif, mais, sur le plan défensif, je note quelques erreurs qui ont été un peu notre talon d’Achille au cours de la saison. L’arrivée de Brian Jensen a corrigé nos lacunes mais il est vrai qu’on connaît des petits ennuis de ce côté-là. On a pris trop de buts et on essaiera d’apporter les corrections à travers un jeu plus soudé ». Mais le passage et le maintien d’un système à cinq défenseurs a également permis un regain de solidité, en dépit des cinquante-cinq buts encaissés au terme du championnat, soit l’une des plus mauvaises défenses de l’hexagone.

Stade rennais, saison 1993-1994

Les vertus de l’équilibre

À l’aube de la saison 1995-1996, la marche en avant du Stade rennais est lancée. Pour franchir un nouveau palier, Stéphane Ziani a pris la place de Jocelyn Gourvennec parti à Nantes. Jean-Pierre Cyprien et Sébastien Pérez [2] sont arrivés pour serrer les boulons en défense. Le club de la capitale bretonne s’est ainsi donné les moyens de confirmer sa bonne tenue de l’exercice précédent. Pourtant, le patron des bretons préfère ne pas tirer de plans sur la comète avant la reprise du championnat, et explique avec la sagesse qui le caractérise : « Vous savez, quand j’étais entraîneur de Laval, j’entendais toujours le même refrain à cette période de l’année. Nous étions rangés dans la catégorie des possibles relégables. La réalité, c’est que les pronostics ne tiennent pas souvent la route ».
Auteur d’un parcours satisfaisant pour son retour parmi le gratin hexagonal (13ème), Michel Le Milinaire sait bien qu’il doit mener à bout la délicate mission de la confirmation : « C’est vrai que notre ambition sera de mieux faire que l’an passé. On visera une place dans la première moitié tableau. Reste que l’échéance principale reste et restera le maintien ! ». En effet, la blague de l’ascenseur rouge et noir ne fait plus rire grand monde en 1995. « La saison dernière, nous n’avons pas seulement réussi le maintien. Notre jeu a plu au public qui a vu des buts en prime. De l’avis de pas mal de nos adversaires, notre football était intéressant », avant que le technicien rennais ne rajoute : « Il n’y a pas de football sans efficacité. Le public ne se contentera jamais d’une équipe uniquement attachée à faire tourner la balle. Le piment, c’est la prise de risques ».

À 64 ans et des poussières, il s’agit de la « Der » du « druide de Kergrist-Moëlou ». Sous son incontournable casquette d’entraîneur, Michel Le Milinaire additionne quand même la bagatelle de 884 matches, à savoir 532 matches en D1 (494 avec Laval et 38 avec Rennes) et 352 avec Rennes (310 avec Laval et 42 avec Rennes). L’envergure du bonhomme et l’étendue de sa carrière impressionne. À l’orée de sa dernière saison, il garde pourtant une foi intacte : « Mon contrat prend fin au 30 juin 1996, voilà tout. Mais je n’abandonnerai pas le milieu du football. Qui sait si je ne resterai pas près du club, dans un rôle différent ? ». Rennes a dorénavant deux atouts de poids. Un recrutement intelligent et surtout une formation de qualité. Le tout donnant une équipe solide à domicile, et produisant un spectacle de qualité. La patte de Michel Le Milinaire, assurément. « Si on n’accepte pas de disputer et de conquérir le ballon, les dispositifs ne suffisent pas à empêcher l’adversaire de s’imposer » dira-t-il. Ses conceptions du jeu ont toujours été les mêmes et ont porté ses fruits, partout où il est passé.

Parfois, la frilosité du SRFC à l’extérieur lui est pourtant reprochée. Sous son égide, le club breton joue la contre-attaque à l’extérieur. « Mimi » et Yves Colleu son successeur, ont composé une équipe taillée pour déstabiliser l’adversaire, à partir d’une assise défensive compacte comme un bloc de foie gras. Les adversaires restent de ce fait à la merci d’une mouvement-éclair de l’attaque rennaise. Pour ce faire, le stratège breton peut régulièrement s’appuyer sur son jeune et percutant tandem de pointe Wiltord - André. Le premier excelle dans le départ dos au but et le dribble pivotant. Le second n’a pas d’équivalent en vitesse pure. Une qualité qu’il exprime plus aisément en déplacement. En effet, Pierre-Yves André est un dévoreur d’espaces. Stéphane Ziani, quant à lui, est chargé de lancer la plupart des salves.
Après quinze journées de championnat et au détour d’une victoire face à Nice (1-0), le SRFC est 11ème mais aspire à mieux. Quinze jours plus tard, Rennes assomme Guingamp (3-0) grâce au triplé de l’inévitable Marco Grassi. Mieux, le SRFC n’a pas pris de buts depuis plus de quatre cent minutes. En effet, l’assise défensive stadiste se révèle très performante depuis plus d’un mois. Ce soir-là, le club breton a ajouté le réalisme offensif : « On avait surtout fait le pari de l’attaque. On ne voulait surtout pas avoir à cultiver de regrets après ». Et Loïc Lambert de rajouter : « Mimi nous répète souvent que c’est à domicile que se construit d’abord un championnat ». Le week-end suivant, Rennes frôle l’exploit à Nantes, mais doit finalement se contenter d’un match nul (2-2), à l’issue d’une rencontre de grande qualité. Malgré tout, le Stade rennais a montré qu’il pouvait développer un jeu de qualité et traiter d’égal à égal avec des équipes du haut de tableau.

Le SRFC se classe finalement huitième à mi-parcours. Michel Le Milinaire s’essaie alors à une petite revue des troupes : « L’arrivée du gardien Pandurovic a amené une assurance pour les défenseurs. Tout comme la présence de Cyprien, le talent et l’expérience à lui tout seul. Au milieu de terrain, l’association des deux récupérateurs, Lambert et Laurent Huard a été bénéfique. Sans oublier l’éclosion de Sylvain Wiltord et Pierre-Yves André ». Le tout évoluant dans un 4-4-2 avec en pointe l’attaquant helvète Marco Grassi, auteur de quinze réalisations lors de l’exercice 1994-1995, et véritable poison pour les défenses adverses. À mi-championnat, douze joueurs issus du centre de formation sur vingt joueurs utilisés ont été intégrés. Le technicien breton affirme d’ailleurs qu’il s’agit très certainement de la clé de la réussite stadiste : « Le centre de formation doit être les racines du club sur lesquelles nous nous appuierons à l’avenir. Nous souhaitons nous encrer en D1 à travers une expression régionale donc le centre de formation. S’il y a beaucoup de bretons, c’est encore plus intéressant ».

Après une belle victoire face à l’AJ Auxerre (2-1), le SRFC se met finalement à rêver d’Europe. En dominant l’équipe bourguignonne, Rennes est devenue la seule équipe du championnat à avoir remporté dix victoires sur sa pelouse : « Prendre le maximum de points chez nous, c’est un challenge qui nous tient à cœur » affirme « Mimi ». Avec trente-deux points pris sur trente-neuf possibles à domicile, son équipe tourne à la moyenne de 2.46 points par match. Le Stade rennais s’est ainsi placé sur le marchepied du wagon européen. Mais l’entraîneur breton tempère les ardeurs : « Ce qui nous importe, c’est de vivre une belle fin de saison » avant de rajouter ensuite « La Coupe UEFA serait vraiment inespérée. Ce n’est pas le pari qu’on s’était fixé en début de saison ».
Mais l’appétit vient en mangeant, c’est bien connu. Rennes décroche finalement l’Intertoto, un moindre mal diront certains. Palier par palier, les Rennais progressent, inspirés en cela par la réussite d’un club comme Lens qui a su retenir ses joueurs, en y greffant des jeunes ou des joueurs à l’esprit-maison. Après une saison passée au côté de « Mimi », c’est donc Yves Colleu qui succède au vieux sage, à la tête de l’équipe bretonne. Touché par la limite d’âge, Michel Le Milinaire doit quitter ses fonctions d’entraîneur de l’équipe première en 1996, après qu’une demande de dérogation ait été refusée par l’Unecatef. Il reste néanmoins au club, tenant le rôle de conseiller d’Yves Colleu pour la saison 1996-1997. Depuis, nommé « entraîneur du siècle » par le Stade lavallois, il est retourné en Mayenne, devenant notamment responsable de la cellule de recrutement des « Tangos ».

Sa carrière en bref

Joueur :
Stade briochin
1953-1961 : Stade lavallois
1961-1964 : CA mayennais

Entraîneur :
1964-1968 : Stade lavallois (jeunes)
1968 - octobre 1992 : Stade lavallois
octobre 1992 - juin 1993 : Stade lavallois (directeur technique)
1993-1996 : Stade rennais FC

Sources :
forum footnostalgie
- tangofoot.free.fr
- Archives Ouest France

Crédit photo en-tête : Marc Francotte ; source : France Football n°2905 du 11 décembre 2001

Sources photos :
srfc.frenchwill.fr
forum footnostalgie

Notes

[1Iliev avait contracté une infection au genou gauche le 16 août 1994 contre Bordeaux. Parti à Colmar chez le professeur Jaegger, qui l’avait opéré du même genou un an plus tôt, le libéro bulgare y subit trois lavages sous anesthésie. Les complications se multiplient alors, si bien que Nikolai Iliev se met en froid avec le club, sous prétexte que le SRFC n’a pas, selon lui, les conditions suffisantes pour effectuer sa rééducation.

[2Arrivé de Saint-Étienne, Pérez devra finalement retourner dans le Forez quelque semaines après s’être engagé en Bretagne, la LFP donnant raison à l’ASSE dans une sombre affaire de contrat.

Vos réactions (12 commentaires)Commenter
ben jammin5 mai 2012 à 02h31

« Il n’y a pas de football sans efficacité. Le public ne se contentera jamais d’une équipe uniquement attachée à faire tourner la balle. Le piment, c’est la prise de risques ».

J’ai retenu cette phrase la !... toute ressemblance avec un equipe existente ne serait que pure coincidence.

Remarquable arcticle encore, bravo !

cris225 mai 2012 à 08h10

J’aime beaucoup ben jamin, il est sûr que cette citation colle parfaitement à un coatch et à son équipe laquelle ?

XxXTheFoxXxX5 mai 2012 à 08h18

Ben jammin, tu m’as devancé !!!! J’ai commencé mon amour du stade juste avant son arrivée, et cette entraîneur restera dans ma mémoire.

Comme sa phrase d’ailleurs, je conclurai par une domination stérile n’en est
Pas une.

Merci sro pour ce belle article qui rappel comme on vieilli vite

Dirk diggler5 mai 2012 à 09h11

MYTHIQUE !!! Michel le Milinaire..
L’amour du beau football a une époque ou celui-ci n’était pas encore souillé pas le « dieu pognon ».
Un homme simple et attachant ; Un gentleman du ballon rond (prends-en de la graine Antonetti)

the miz5 mai 2012 à 09h19

Ah que de souvenirs,ma jeunesse ma jeunesse....!!!

Mr le Milinaire a fait des miracles avec très peu d’argent.

De plus, il avait du respect pour le public,pas comme le petit Bonaparte.

Bibi peau de chien5 mai 2012 à 11h12

Grand Hommage à ce technicien humble & efficace , je suis de sa même génération & j’ai donc connu les joies & tribulations du Stade depuis bien longtemps , y compris bien entendu sous sa gestion .
A ce sujet , & bcp ne s’en souviennent sans doute pas , mais je veux citer une anecdote : lorsqu’il fut pressenti pour reprendre les rênes du Stade en tant que technicien , le boulimique & péremptoire Guy Roux , s’y opposa se permettant de déclarer que cet entraîneur mythique était atteint par la limite d’âge & devrait s’abstenir !
Quelque temps plus tard , & n’ayant pas rajeuni bien entendu , l’Auxerrois se présentait comme entraîneur de Lens , avec le « succès » qu’on connaît ! Comme quoi le système boomerang existe .
Ce qui n’enlève rien aux qualités de celui qui mena longtemps les destinées de l’AJA . Cependant , maintenant il apparait comme commentateur dans les médias & promoteur publicitaire surmultiplié - ( bénévole ? ? ? )- .
Certains pensent & crient parfois « laissez la place aux jeunes » mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre .

P.S. : La comparaison acide avec l’entraîneur actuel à laquelle quelques forumeurs se livrent - de bonne foi &vec passion - nécessite quand même une atténuation , à savoir : les conditions ne sont plus du tout les mêmes , d’une part & d’autre part les caractères des personnes concernées sont évidemment différents . De plus je ne suis pas sùr que trop d’aigreur soit de mise avant la fin de l’exercice qui se profile . Tout n’est ni tout blanc , ni tout noir !
Et vivent les « ROUGES & NOIRS » & espoir pour la prochaine saison !

generationvdb5 mai 2012 à 11h22

Effectivement, une grande science du football,
et un entraîneur très respectable, très respecté...
Un MONSIEUR !!!!!!!

Merci pour l’article

francois535 mai 2012 à 12h13

Grand monsieur du stade lavallois, un homme simple qui restera dans les mémoires lavalloises et bretonnes...

battjack5 mai 2012 à 12h59

Un tres grand monsieur du football,un homme humble et accessible.
Une époque révolue ou le stade rennais générait plus de passion car
beaucoup moins bling bling.

Capitaine5 mai 2012 à 14h54

pour info, en breton "meunier" se dit "miliner" !

"Le centre de formation doit être les racines du club sur lesquelles nous nous appuierons à l’avenir. Nous souhaitons nous encrer en D1 à travers une expression régionale donc le centre de formation. S’il y a beaucoup de bretons, c’est encore plus intéressant ».

Grand Monsieur

Louis G5 mai 2012 à 17h12

Merci au SRO de nous rappeler le parcours de ce technicien « humble et efficace »...ou comment avec des moyens limités on peut quand même obtenir de bons résultats en D1...un meunier"o miliner" entraineur d’une équipe de foot , il fallait y penser !!...

5 mai 2012 à 20h55

Michel Le MILINAIRE, je n ai qu un mot pour pour vous décrire : RESPECT !!!!
UN GRAND MONSIEUR DU FOOTBALL, à tout jamais dans le coeur des supporters rennais.

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